ENVIRON 1890-1914
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L’art nouveau n’est pas un mouvement pictural à proprement parler mais un style décoratif qui connut un grand succès à la fin du 19ème et au début du 20ème siècle. Il concerne l’architecture, la décoration d’intérieur, la sculpture, le vitrail et accessoirement la peinture. La terminologie fluctue selon les pays : on parle Jugendstil en Allemagne, de Sezessionstil en Autriche, de Stile Liberty en Italie, d’Arte joven en Espagne. Le terme Art nouveau a d’abord été utilisé en Belgique par la revue L’Art Moderne créée en 1881 par Oscar Maus et Edmond Picard : ces deux personnages se définissent en effet comme « les croyants de l’Art nouveau », c'est-à-dire d’un art qui rejette l’académisme et se veut novateur. Le terme Art nouveau sera repris par le marchand d’art Siegfried Bing qui créa à Paris en 1895 un magasin à l’enseigne de « La Maison de l’Art nouveau » dans lequel on vendait des objets d’art de renom tels que les créations de Louis Comfort Tiffany (1848-1933), Emile Gallé (1846-1904) et René Lalique (1860-1945).
Esthétiquement l’art nouveau est une réaction à l’impressionnisme qui est d’abord un réalisme et qui a tendance à dissoudre les formes. L’art nouveau privilégie le dessin. Le trait est net, les motifs (femmes, feuilles, fleurs, évocations symboliques) sont stylisés. L’artiste utilise les arabesques ou les stries pour rejoindre parfois une abstraction purement décorative. La filiation est nettement symboliste. Ainsi, le peintre symboliste néerlandais Jan Toorop (1858-1903) parsème certaines de ses œuvres de grandes courbes ou de stries purement décoratives qui caractérisent le style « Art nouveau » : O grave, where is thy Victory (1892), Fatalism (1893).
En Grande-Bretagne, on retrouve ces mêmes grandes arabesques chez Aubrey Beardsley (1872-1928) : La Robe de paon (1892).
Alphonse Mucha (1860-1939) est un peintre tchèque particulièrement représentatif de l’Art nouveau. Il conçut beaucoup d’affiches et de lithographies comme la série des saisons (1896) : Printemps, Eté, Automne, Hiver ou encore pour différentes marques commerciales, Savonnerie de Bagnolet, Champenois imprimeur, et pour la comédienne américaine Maud Adams (1872-1953), Maud Adams en Jeanne d’Arc (1909).
Jules Chéret (1836-1932) est un autre maître de l’affiche : Fête des fleurs (1890), Quinquina-Dubonnet (1895), Casino d’Enghien (1896).
Les vitraux dessinés par Louis Comfort Tiffany sont une autre illustration du style Art nouveau : Vitrail Tiffany1, Vitrail Tiffany2 (environ 1890).
Georges de Feure (1868-1943), de son vrai nom Georges Joseph de Sluijters, est un peintre et décorateur néerlandais qui s’installa à Paris à la fin des années 80. Symboliste d’abord, son œuvre évolue vers le style Art nouveau : on lui doit beaucoup de portraits de « femmes fatales », très en vogue à l’époque : The Voice of evil (1895), La fumeuse, La botaniste. Il réalisa également des vitraux et des illustrations comme celle du livre de Marcel Schwob, La Porte des rêves (1899).
Ainsi, l’Art nouveau, qui a laissé des réalisations architecturales et décoratives exceptionnelles (Horta, Mackintosh, Guimard), reste une tendance picturale secondaire mais attachante, intermédiaire entre les grandes innovations de la fin du 19ème siècle (réalisme, impressionnisme) et les évolutions conceptuelles majeures du début du 20ème siècle (expressionnisme, cubisme).

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1. 30/08/2012
très beau site sublime
Pour contacter Patrick AULNAS : rivagedeboheme@hotmail.com